Les réseaux féminins, accélérateurs de mixité aux côtés des entreprises et institutions

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Une nouvelle journée des Femmes! Et elle est ô combien importante pour rappeler à tous et toutes que l’égalité Femmes-Hommes est encore loin de ce qu’elle devrait être en France et ailleurs. Françoise Héritier, l’émérite sociologue engagée sur la question de la domination masculine et de la place de la femme dans la société, pointait du doigt encore très récemment qu’il faudrait plus de 100 ans pour atteindre un équilibre Femmes-Hommes au rythme auquel les choses bougent en Europe.

L’OCDE, dans son récent rapport « The pursuit of Gender equality », recense dans le chapitre sur la place des femmes dans le monde du travail que celle-ci est toujours bridée et insuffisante :

  • L’employabilité des femmes est inférieure de 23 points par rapport aux hommes dans les pays de l’OCDE
  • La différence salariale est toujours de 15 % inférieure pour les femmes: c’est comme si les hommes n’étaient plus rémunérés à partir du 6 novembre chaque année.

Il est maintenant communément reconnu et entendu tant par les institutions que par les entreprises que la situation doit changer. C’est d’ailleurs devenu pour tous et toutes une urgence économique tant il est prouvé dans de nombreuses études (« Women Matter » de McKinsey & Company , « When Women thrive… » de Mercer) que :

  • L’économie mondiale pourrait générer 12 000 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2025, soit 11 % du PIB mondial si les femmes participaient au marché du travail à part égale dans les secteurs productifs ;
  • Les entreprises qui ont une représentativité plus forte des femmes dans leur équipe de management ont de meilleures performances.

Le moment de l’action est venu. Cependant quels sont les freins ? Que peut-on faire ?

Aujourd’hui, les entreprises sont d’une manière générale sensibilisées. Nombreuses sont celles qui ont fait de la diversité une priorité stratégique et ont joint l’acte à la parole en se fixant des objectifs en termes de pourcentage de femmes par niveau de management, de promotion et de recrutement, une mise en place d’indicateurs de suivi, la création de réseaux de femmes ou de mixité, et des plans de formation au leadership.

Et pourtant, les progrès sont lents, trop lents. La présence des femmes dans les instances de direction stagne à 14 % en France à titre d’exemple. Au sein du « CAC 40 » français, seules 2 entreprises sont dirigées par une femme. Cette situation montre qu’au-delà des objectifs affichés et des actions engagées, d’autres barrières existent et sont à lever : barrière culturelle, barrière comportementale ou encore barrière sociale.

L’atteinte des objectifs est en effet fortement liée aux acteurs qui prennent les décisions de recrutement, d’évaluation et de promotion. Ce sont de facto essentiellement des hommes. Or, trèssouvent, ils ne comprennent pas les problématiques : ils n’ont pas conscience de freiner, de bloquer le développement des femmes. Ils ne comprennent pas les différences de styles de leadership ni l’apport bénéfique pour l’entreprise de la diversité de ces styles et de l’enrichissement de débats et réflexions conduisant à de meilleures décisions et donc de meilleures performances.

C’est là-dessus que nous devons agir collectivement pour faire changer les mentalités.

Pour réussir, la partie se joue et se jouera de plus en plus à deux. C’est le pari de l’équilibre, de l’ouverture, de la mixité, de la diversité, reflet de notre société. 

Les femmes ont en effet un rôle essentiel; elles doivent prendre en main la situation, prendre les rênes de la gouvernance pour accompagner leurs collègues masculins de manière pédagogique et les aider à appréhender les différences, abaisser leurs freins et changer les mentalités.

Pour ce faire, les femmes doivent se lancer, oser, mettre le pied dans la porte. Elles le font déjà mais doivent être plus motrices et écoutées. Les réseaux féminins d’entreprise sont clé pour aider à passer les messages et rapprocher les femmes et les hommes sur ce sujet.

Le progrès ne se manifestera pas uniquement dans le cercle fermé de l’entreprise.

C’est en allant chercher à l’extérieur de l’inspiration, des idées, un complément de confiance et d’estime de soi que les femmes trouvent l’énergie, l’enthousiasme, l’écoute et l’engagement pour agir dans leur entreprise. Les réseaux de femmes externes aux entreprises apportent ainsi aux femmes un espace d’expression et de partage dans un environnement ouvert et bienveillant.

Professional Women Network (PWN) est un réseau international de femmes cadres et dirigeantes dynamique, prospectif et influent. Présent à Paris et dans plus de 30 villes dans le monde, PWN compte plus de 4000 membres, dont 700 à Paris, et organise chaque année des centaines d’évènements dédiés à renforcer le leadership des femmes. Entre les rencontres de networking, les conférences avec des « role-models », les ateliers de développement professionnel ou encore les think-tanks qui élaborent et publient de la matière à réflexion et des idées de progrès, le réseau PWN offre à ses membres un espace d’échanges nationaux et internationaux (grâce à la diversité des profils, des secteurs représentés, des fonctions réunies) ; il est un espace d’entraide, de développement. Il contribue également auprès de la société civile et des entreprises à la construction d’un monde professionnel plus équilibré et plus innovant.

Les pouvoirs publics sont conscients de la valeur qu’apportent les femmes dans la sphère économique et de l’importance des réseaux de femmes pour faire avancer l’égalité Femmes-Hommes.

D’autres réseaux de femmes, nombreux, existent, chacun avec un angle différent. Ils sont force de proposition, à l’image de la récente rencontre des 25 réseaux économiques féminins français qui ont interpellé nos gouvernants : ils ont présenté, en présence de Mounir Mahjoubi, Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé du Numérique, et de Delphine Gény-Stephann, Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, 25 propositions pour accélérer la mixité dans le milieu économique.

A cette occasion, PWN Paris a appelé le gouvernement français à prendre des mesures concrètes afin de libérer les femmes de leurs charges mentales quotidiennes et des contraintes matérielles qui leur incombent, recommandation que PWN a déjà publiée le 22 novembre 2017 dans Maddyness.

Nous invitons donc toutes les parties prenantes: gouvernement, institutions, entreprises, réseaux de femmes/réseaux mixtes à travailler ensemble pour agir concrètement sur les barrières mentales, culturelles et sociales qui entravent l’atteinte de l’égalité Femmes-Hommes.

Lire le chapitre 11 : Les femmes au travail : Aperçu de la place des femmes dans la population active du rapport de l'OCDE Atteindre l'égalité femmes-hommes, un combat difficile

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