Talents inexploités : L’entrepreneuriat, une solution au chômage des jeunes

Quelles politiques peuvent aider les jeunes à concrétiser leur projet d’entreprise ? Image bannière: Shutterstock/WESTOCK PRODUCTIONS

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Cet article s’inscrit dans une série de contributions d’experts de l’OCDE et d’influenceurs – du monde entier et de tout secteur de la société – qui répondent à la crise du COVID-19, partageant et développant des solutions pour aujourd’hui et demain.

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Les jeunes manifestent un vif intérêt pour l’entrepreneuriat. Dans l’ensemble, environ 45 % des jeunes déclarent préférer l’entrepreneuriat au salariat et, pour 41 % d’entre eux, créer leur entreprise serait un projet réalisable. Pour les étudiants, la proportion est similaire, plus de 40 % d’entre eux envisageant de sauter le pas dans les cinq ans suivant l’obtention de leur diplôme.

Cependant, peu de jeunes se lancent activement dans la création ou la gestion d’une entreprise nouvelle : dans les pays de l’OCDE, ces activités n’ont concerné en effet que 8 % environ des 18-30 ans entre 2016 et 2020. L’écart est donc vertigineux avec la proportion de jeunes qui indiquent vouloir créer leur entreprise, ce qui donne à penser que le potentiel entrepreneurial inexploité est très élevé parmi les jeunes.

Le potentiel entrepreneurial des jeunes est largement inutilisé

Proportion de jeunes (18-30 ans) qui se lancent dans la création d’une nouvelle entreprise, 2016-20

 Source : Global Entrepreneurship Monitor (2021), tableaux spéciaux pour l’OCDE ; Commission européenne (2014),

L’entrepreneuriat dans l’UE et au-delà, Eurobaromètre Flash 354.

Cet écart s’est creusé pour plusieurs raisons. L’une d’elles est que les jeunes surestiment probablement leurs capacités en matière d’entrepreneuriat en raison d’un manque d’expérience du marché du travail. Cependant, ils se heurtent aussi à des obstacles plus importants que les individus jouissant d’une plus grande expérience professionnelle. Malgré les progrès de l’éducation à l’entrepreneuriat à l’école, la part de jeunes de moins de 30 ans qui déclarent posséder les compétences et les connaissances nécessaires pour créer une entreprise ne représente que 85 % environ de celle des individus de plus de 50 ans. En outre, les jeunes disposent généralement d’une épargne faible ou de garanties limitées pour accéder à l’emprunt.

Nos économies n’exploitent pas pleinement le potentiel entrepreneurial des jeunes. Il ressort de notre nouveau rapport Pallier la pénurie d’entrepreneurs 2021 : Politiques de l’entrepreneuriat inclusif et du travail indépendant que les pays de l’OCDE pourraient compter 4 millions de jeunes entrepreneurs supplémentaires si les jeunes étaient aussi actifs en matière de création d’entreprise que le groupe le plus actif, à savoir les hommes adultes âgés de 30 à 49 ans. Si ces jeunes qui manquent à l’appel ne restent pas tous dans l’entrepreneuriat, la majorité de ceux qui empruntent cette voie créent bel et bien leur entreprise.  En outre, les jeunes apprennent de leurs expériences entrepreneuriales, ce qui facilite leur entrée sur le marché du travail même s’ils interrompent leurs projets. En outre, grâce au processus d’entrepreneuriat, les jeunes injectent un grand nombre d’idées nouvelles dans l'économie.

Il est essentiel de libérer leur potentiel maintenant, alors que nous sommes confrontés à une nouvelle crise du chômage des jeunes. Le chômage des jeunes est en effet passé d’environ 12 % en janvier 2020 à 19 % en mai 2020 dans la zone OCDE à la suite de la pandémie de COVID-19, et le taux de chômage des jeunes reste élevé.

L’entrepreneuriat peut faire partie de la solution, et il existe de nombreux exemples de mesures que les pouvoirs publics peuvent prendre. Le Programme national pour l’entrepreneuriat des jeunes en Hongrie a donné des résultats satisfaisants, en particulier après la crise financière. Une nouvelle évaluation montre que 6 500 jeunes ont bénéficié d’un soutien à la création d’entreprise depuis 2014 et que les objectifs ont été dépassés. Les participants ont la possibilité de suivre une formation à l’entrepreneuriat et de bénéficier de services de mentorat et de conseil aux entreprises, puis dans un second temps, ils peuvent solliciter une aide financière. Cette stratégie par étapes permet de cibler les dispositifs de soutien sur les jeunes les plus motivés qui ont le plus de chances de réussir.

Pour plus d’informations sur les tendances et les politiques en matière d’entrepreneuriat des jeunes, merci de consulter le nouveau rapport Pallier la pénurie d’entrepreneurs 2021. Ce rapport a été élaboré par l’OCDE et l’UE dans le cadre d’une collaboration plus vaste sur l’entrepreneuriat inclusif qui inclut l’outil Better Entrepreneurship Policy, des synthèses et bien d’autres éléments.

Lire le rapport de l’OCDE Pallier la pénurie d’entrepreneurs 2021 : Politiques de l’entrepreneuriat inclusif et du travail indépendant (á venir en français, sera publié le January 14, 2022, ou en anglais)

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David Halabisky

Project Co-ordinator, Centre for Entrepreneurship, SMEs, Regions and Cities, OECD

David Halabisky is a project co-ordinator in the OECD Centre for Entrepreneurship, SMEs, Regions and Cities. He is currently working on several projects related to entrepreneurship policy, including a multi-year project on inclusive entrepreneurship and is the main author of the Missing Entrepreneurs reports. Prior to joining the OECD, David worked for more than a decade in the Canadian Public Service where he worked on SME policy at the Federal Ministries of Industry, Finance and Labour. Mr. Halabisky has won several awards during his career, including a Best Paper Prize from the Administrative Sciences Association of Canada. He has degrees in economics from the University of British Columbia and McMaster University.