L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable : Comment réduire les inégalités de genre dans l'éducation STEM peut soutenir l'action climatique

Pour soutenir l’action climatique, nous devrons également nous attaquer aux obstacles systémiques qui empêchent les femmes de faire carrière dans les STIM, explique Kadie Ward, Commissaire à l'équité salariale de l'Ontario. Bannière: Shutterstock/Chinnapong
L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable : Comment réduire les inégalités de genre dans l'éducation STEM peut soutenir l'action climatique
Cet article s’inscrit dans une série de contributions d’experts de l’OCDE et d’influenceurs – du monde entier et de tout secteur de la société – partageant et développant des solutions pour aujourd’hui et demain. Cette série vise à favoriser un échange constructif de vues et d’expertises développées dans différents domaines afin de nous permettre de relever ensemble ce défi majeur. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement celles de l’OCDE.


Comme l’a établi ONU Femmes, le thème de la Journée internationale des femmes (8 mars) en 2022 est « L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable ». De même, le Jour de la Terre sera célébré le 22 avril avec un thème soulignant la nécessité d’« Investir dans notre planète », en mettant un accent renouvelé sur les impératifs d’une économie verte et de l’action climatique. Nous ne pouvons ignorer l’intersection de ces thèmes : le genre et le changement climatique. Nous ne pouvons pas non plus ignorer les paradoxes entourant l’incidence du changement climatique sur les femmes, leur volonté d’agir et leur incapacité à le faire parce qu’elles continuent d’être sous-représentées dans les secteurs des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). 

Le changement climatique touche de manière disproportionnée les femmes et les filles

De Greta Thunberg (Suède) à Autumn Peltier (Première Nation Wiikwemkoong) en passant par Chikondi Chabvuta (Malawi), les femmes du monde entier se battent pour un avenir vert. Cela n’a rien d’étonnant. De nombreux gouvernements et organismes, dont ONU Femmes, ont noté que « les femmes sont de plus en plus reconnues comme étant plus vulnérables aux impacts du changement climatique que les hommes, car elles constituent la majorité des personnes pauvres de la planète et sont davantage dépendantes des ressources naturelles qui sont les plus menacées par le changement climatique. » Les vagues de chaleur, les sécheresses, l’élévation du niveau des mers et les tempêtes extrêmes touchent les femmes rurales de manière disproportionnée. Selon Global Citizen, cela s’explique par le fait que « les femmes sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les hommes, ont moins accès aux droits de la personne fondamentaux tels que la capacité de se déplacer librement et d’acquérir des terres, et sont confrontées à une violence systématique qui s’intensifie pendant les périodes d’instabilité. » [traduction libre].

A lire également : « Les femmes et l’ODD 13 – Action pour le climat : prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et ses répercussions » de le rapport de l'OCDE « Égalité femmes-hommes et environnement : Accumuler des connaissances et des politiques pour atteindre les ODD »

Le changement climatique est important pour les femmes et les filles

Plusieurs études ont démontré que les filles/femmes sont plus susceptibles que les garçons/hommes de croire que le changement climatique est un problème grave et de ressentir un sentiment d’urgence plus profond pour agir.

Les recherches semblent indiquer que les femmes sont plus orientées vers l’action et les solutions lorsqu’il est question du changement climatique. Une étude menée par le Women’s Forum, qui a interrogé près de 10 000 personnes dans les pays du G20, a révélé que les femmes – plus souvent que les hommes – ont modifié leur comportement pour réduire leurs émissions de dioxyde de carbone en recyclant, en achetant des produits locaux et en réduisant leur consommation d’eau et de viande. Au Canada, plusieurs études ont démontré que les filles/femmes sont plus susceptibles que les garçons/hommes de croire que le changement climatique est un problème grave et de ressentir un sentiment d’urgence plus profond pour agir. Dans le cadre de la plus vaste enquête d’opinion publique réalisée sur le changement climatique, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a interrogé 1,2 million de personnes dans 50 pays et a constaté que le Canada présentait le plus grand écart entre les sexes dans la perception du changement climatique. Les femmes et les filles canadiennes interrogées étaient 12 % plus susceptibles que les hommes et les garçons de considérer le changement climatique comme une urgence.

Les femmes sont encore largement sous-représentées dans les postes qui influent sur l’action climatique

Dès le début de leur participation à la population active rémunérée, les femmes ont exercé des professions et travaillé dans des industries différentes de celles des hommes. En fait, il serait peut-être plus exact de dire que les femmes étaient seulement accueillies dans les professions et les industries que les hommes jugeaient appropriées pour elles. Parallèlement, les salaires des hommes ont été fixés à des niveaux plus élevés que ceux des femmes pour de nombreuses raisons, telles que l’inégalité d’accès à l’éducation - ce qui signifie que les hommes avaient davantage accès à l’éducation que les femmes, mais aussi parce que les hommes étaient considérés comme les soutiens de famille, que ce fût le cas ou non.

Les femmes continuent d’être regroupées dans des emplois historiquement sous-évalués et mal rémunérés, tels que la garde d’enfants et le travail de bureau, et sont sous-représentées dans les secteurs « non traditionnels » comme les STIM. Comme dans le secteur des métiers spécialisés, il existe des emplois bien rémunérés dans les STIM, mais les femmes et les filles demeurent sous-représentées dans ce secteur au niveau mondial. Bien qu’elles aient la formation nécessaire pour entrer dans ces secteurs, les femmes en restent écartées. Au Canada, alors que près de la moitié des hommes diplômés en STIM exerçaient une profession dans le domaine des STIM en 2006 (46,9 %), moins de 3 femmes diplômées en STIM sur 10 exerçaient une telle profession (27,6 %). Cette tendance a persisté et s’est reflétée dans les données de 2016, l’écart demeurant autour de 19 %.

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Combler l’écart de genre soutient l’action climatique

Le McKinsey Global Institute a constaté que les écarts de genre sont les plus importants dans sept des 15 indicateurs : postes de direction, études en STIM, professions dans les STIM, entrepreneuriat, représentation politique, travail dans le domaine des soins non rémunéré et monoparentalité. Les femmes ont les qualités requises pour travailler dans les STIM, sont plus orientées vers l’action et les solutions lorsqu’il s’agit de lutter contre le changement climatique, mais demeurent pourtant sous-représentées dans ce secteur. Pour que l’action climatique soit efficace, inclusive et significative, nous devons nous attaquer aux obstacles systémiques qui empêchent les femmes de faire carrière dans les STIM.  C'est pourquoi le Bureau de l’équité salariale de l’Ontario travaille sans relâche pour changer les attitudes et les perceptions concernant les normes de genre et l’emploi des femmes.

Le thème de la Journée internationale des femmes 2022, « l’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable », est un appel à tous les acteurs, dans toutes les sphères politiques, à s’attaquer sérieusement aux inégalités liées au climat et à inclure les femmes et les filles dans la conception des solutions. Ce n’est qu’alors que nous pourrons « investir dans notre planète », comme le proclame le Jour de la Terre, et apporter des contributions significatives à un avenir vert et équitable.








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