Gardez le cap: ne laissez pas le COVID-19 affecter aussi votre retraite

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Par Pablo Antolín, Romain Despalins et Stéphanie Payet, OECD

Prévoir pour demain peut sembler un vœu pieux quand la vie, aujourd’hui, est difficile. Le COVID-19 perturbe les conditions de vie de nombreuses personnes dans le monde. Outre la menace pour leur santé, beaucoup ont perdu leur emploi, en particulier dans les secteurs qui ont été durement touchés comme le tourisme, le commerce et l’aviation, rendant plus compliqué d’épargner pour sa retraite. En pleine crise, l’utilisation de son épargne-retraite peut devenir tentante pour alléger les pressions financières de court terme. La panique peut également pousser à récupérer son épargne-retraite quand la valeur des actifs plonge, comme nous l’avons vu plus tôt en 2020 quand les marchés financiers ont chuté rapidement alors que les gouvernements prenaient des mesures sanitaires préventives pour limiter la propagation du virus.

Suivre le lancement de la publication en présence du Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, le 7 décembre 2020, 12:00-13:15 CET 

Dans de tels moments cependant, il est primordial que nous gardions le cap et continuions d’épargner pour la retraite. Même si cela est plus difficile en temps de crise, il est essentiel que les actifs continuent de s’accumuler pour la retraite. Une épargne plus importante améliore l’adéquation des futures prestations de retraite. Dans le premier chapitre des Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2020, nous estimons qu’une pause dans le versement des cotisations pendant un an pourrait conduire à une réduction des prestations de retraite de 2 à 3%. Récupérer ses actifs avant la retraite pourrait avoir un impact encore bien plus large sur les futures prestations de retraite.

Dans ce contexte, les dirigeants doivent trouver un équilibre entre protéger la population contre les impacts à court terme du COVID-19 et s’assurer qu’elle continue de s’engager sur le long terme à épargner pour sa retraite. De nombreux gouvernements ont introduit des subventions pour soutenir les employés et les employeurs, afin que les travailleurs puissent toujours percevoir un revenu à partir duquel ils peuvent se constituer une épargne-retraite et continuer de cotiser. Certains pays, comme l’Islande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, sont allés plus loin en subventionnant directement les cotisations dans des plans d’épargne-retraite (au moins dans une certaine mesure et pour un certain temps), allégeant ainsi les employeurs de cette dépense.

Garder le cap peut également permettre d’exploiter le potentiel des marchés financiers et aider à obtenir de meilleurs retours sur investissement à long terme. Les fluctuations dans la valeur des actifs sont inévitables pendant la durée de vie d’un portefeuille de retraite. Par exemple, malgré l’effondrement des marchés lors de la crise financière et économique de 2008, la valorisation des actifs de retraite est revenue aux niveaux de 2007 environ deux ans après dans la plupart des pays de l’OCDE. Les estimations préliminaires de l’OCDE dans le Point sur les marchés des pensions de l’OCDE 2020 suggèrent que la valeur des actifs sur les comptes d’épargne-retraite avait retrouvé ses niveaux d’avant COVID-19 à la fin du troisième trimestre 2020, grâce à la reprise des marchés financiers aux deuxième et troisième trimestres. Par conséquent, tant que les gens ne vendent pas leurs actifs pendant un repli des marchés, ils ne concrétisent pas les pertes, et leurs portefeuilles peuvent finalement se remettre et reprendre leur tendance à long terme à la hausse.

Ce graphique montre l’évolution de l’épargne-retraite dans les pays de l’OCDE de fin 2006 à la fin du troisième trimestre 2020.
Source: L’épargne-retraite au temps du COVID-19 de l’OCDE.

La pandémie a mis en évidence un manque de résilience financière dans de nombreux ménages à travers le monde, ce qui souligne l’importance d’avoir des économies pour les imprévus. L’accès à l’épargne-retraite devrait rester une option de dernier recours, fondée sur les circonstances particulières d’un individu, comme la détresse financière ou une maladie grave.

L’introduction de dispositifs d’épargne à long terme, qui combinent un compte d’épargne destiné à la retraite et un compte d’épargne pour les imprévus, pourrait rendre l’épargne-retraite plus résiliente. Singapour, par exemple, a créé différents comptes d’épargne à des fins différentes : les gens épargnent dans trois comptes différents, un pour les besoins de la retraite, un pour le logement et un pour les frais médicaux. Le Royaume-Uni teste actuellement une autre idée, avec un produit hybride associant un compte d’épargne en cas d’imprévu et un compte d’épargne-retraite. L’idée est d’offrir un niveau de liquidités d’emblée au besoin via le compte d’épargne en cas d’imprévu, tout en protégeant l’épargne à long terme pour la retraite.

Les Perspectives de l’OCDE sur les pensions 2020 fournissent des lignes directrices de politiques pour renforcer la résilience des dispositifs d’épargne-retraite et garantir qu’ils offrent les meilleurs résultats aux membres.

Lire la publication : OECD Pensions Outlook 2020 (en anglais)

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Pablo Antolín

Principal Economist, Head of the Private Pensions Unit and Deputy Head of the Insurance, Private Pension and Financial Markets Division, OECD

Pablo Antolín is Principal Economist, Head of the Private Pensions Unit and Deputy Head of the OECD Insurance, Private Pension and Financial Markets Division. He manages the research and policy programme of the Working Party on Private Pensions (http://www.oecd.org/daf/fin/private-pensions/), a body that brings together policymakers, regulators and the private sector of almost 40 countries around the world. His work covers issues related to the operation and regulation of funded retirement income systems. In the past, Mr. Antolín has worked on the impact of ageing populations on the economy and on public finances. He has produced several studies examining options available to reform pension systems in several OECD countries, including public pensions. Previously, he worked at the IMF and at the OECD Economic Department. He has published journal articles on ageing issues as well as labour market issues. Mr. Antolín has a PhD in Economics from the University of Oxford and an undergraduate degree in Economics from the University of Alicante (Spain).

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